Délimitée par les quartiers du Plan, du Grand Plan et des Côtes du Plan, la gare de Saint-Nazaire – Ollioules, point de dessert des communes d’Ollioules, Sanary et Six-Fours, est ouverte le 3 mai 1859.
Jusqu’en 1868, Ollioules a le monopole du commerce de l’immortelle qui est expédiée dans des caisses de bois vers Paris et les grandes capitales européennes.
Les caprices de la nature aidant, une grande partie des cultures d’immortelles fut détruite, et remplacée par de la vigne.
A partir de 1882, le Plan, le Grand Plan et le bas des Côtes du Plan bénéficiant de l’irrigation grâce au « Beal » intensifient la culture des légumes et des fleurs.
En 1900, le hameau de la Gare n’a pas de boulangerie ; le pain est pétri et confectionné au four du quartier du Petit Plan, aujourd’hui propriété de Monsieur Barbier.
On y trouve, par contre, un bar tabac dénommé « La Civette » (aujourd’hui bar « Le Passage »), un coiffeur et un marchand de vin installé au rez-de-chaussée de la propriété Praly (aujourd’hui immeuble de la commune).
En face de l’immeuble dénommé alors « La Grappe d’Or », se trouve le « Cercle des Travailleurs » présidé par Célestin Roux.
Après la guerre de « 14-18 », les choses évoluent. Monsieur Grieu crée une criée aux fleurs au rez-de-chaussée gauche de « La Grappe d’Or ».
A la place du marchand de vin, Maurice Moutte ouvre un deuxième « bistrot ».
Dans les années 1920, les familles propriétaires des terrains rencontrent des problèmes de trésorerie et ne pouvant plus les entretenir, cèdent les parcelles jugées incultes, à quelques téméraires.
Les Côtes du Plan sont réaménagées en restanques, celles-ci construites par les bagnards vers 1850 étant au ¾ détruites.
Faute d’eau, on tente de faire pousser des petits pois ou des pois chiches, cultures aléatoires, liées au bon vouloir météorologique.
Puis on commence à cultiver les fleurs : giroflées, anémones, frésias, narcisses, qui demandent peu d’eau.
Les propriétaires aménagent des puits et peuvent enfin étendre les cultures horticoles, qui remplacent les vignes.
Les pensées sont plantées à l’abri des cyprès pour protéger du vent et éviter le gel.
L’eau permet de maîtriser la floraison et d’accentuer la production.
Les commandes affluent de toute l’Europe.
Des dizaines de wagons partent d’Ollioules chaque semaine pour Paris, 6 à 7 wagons de narcisses et d’œillets étant expédiés vers l’Angleterre.
A cette époque, Jeannot Lévêque, avec l’accord d’Emile Boit, crée un troisième bar, aujourd’hui « bar de la Halte ». L’animation du hameau, que l’on nomme à présent « quartier de la Gare », est très importante. Tous les samedis après-midi on dispute des concours de boules ou de cartes et un bal a lieu tous les dimanches après-midi dans la salle du bar-tabac « la Civette ».
Par contre, « le Cercle » ferme par manque de fréquentation.
Avant guerre, la population vit en quasi autarcie, troquant les abricots réputés des Côtes du plan, les surplus d’huile d’olive, bien souvent rance, les rouges-gorges et les grives aux marchés alentour contre du sucre, de la farine, de la morue et des dattes.
Après la guerre de 39-45 le quartier de la gare, place tournante des 3 communes, retrouve l’animation d’antan et ses commerces, bars et épicerie-boulangerie, ne désemplissent pas.
Le travail horticole est dur, chaque soir durant la mauvaise saison, il faut recouvrir les cultures de paillassons pour protéger les plantes du gel, et chaque matin les rouler pour laisser passer le soleil
Le gel terrible de 1956 dévaste les propriétés, le port de La Seyne/Mer est pris par les glaces, les oliviers gèlent, mais ce désastre révolutionne les méthodes de culture : c’est l’avènement des serres.
Les conditions de travail sont améliorées, on cultive enfin à l’abri du vent et des intempéries.
Les nouvelles méthodes de travail et la construction du canal de Provence dans les années 1970, accentuent la production horticole. Les expéditions florales tiennent une place prépondérante dans l’économie locale, la gare d’Ollioules, étant le point central de ces échanges européens.
Les fortes de gelées de 1985, l’augmentation des prix et surtout la concurrence avec les pays du tiers monde annoncent le déclin de l’ère florale. Les échanges internationaux sont à présent guidés par la rentabilité.
Enfin la grêle de 1994, qui dévaste toutes les serres, annonce l’effondrement des exploitations.
Aujourd’hui, le quartier se lance à nouveau dans l’exploitation de la vigne, classée « Bandol » côté Cotes du Plan, ou dans la culture de l’olivier sur le Plan et les restanques des Côtes du Plan.
L’horticulture n’est peut-être pas une page complètement tournée car le coût des transports aériens, la pollution engendrée et les pénalités que devront régler les distributeurs les inciteront peut-être à revoir leurs méthodes de production.
Le quartier de la gare a su conserver son authenticité grâce à ses habitants, attachés à leur terre et aimant partager leurs souvenirs en offrant une belle image de leur patrimoine.
Site officiel de la Fête de pépiole, Vendredi 24 Février 2012